dimanche 31 août 2014

Vive la tolérance, vive la liberté !

Comment voulez-vous être tolérant dans ce bas monde ? Dieu a dit "aimez-vous les uns les autres"... Mais Dieu est Dieu et Luc, plus réaliste, dit simplement "on vit les uns contre les autres". Non, je ne citais pas Saint Luc dont la lecture... m'émeut mais Luc Plamandon... Il est barbu comme Jésus mais la comparaison s'arrête là, les habitants de Nazareth ayant réussi à ne pas parler avec le divin accent québécois...

Mais on vit dans un monde de tolérance... Enfin... On essaie... Les juristes tolèrent les juristes, les gens de droite endurent les gens de droite, les gens de gauche... Non, la gauche, ça n'existe plus comme chacun sait, la question ne se pose pas... et la France supporte l'équipe de France, c'est vous dire à quel point on vit dans un monde de tolérance...

D'ailleurs, que serait un monde sans tolérance ? Que serait ce monde si on ne pouvait pas, par esprit de tolérance, tuer un juif parce qu'il est juif et qu’on n’est pas juif ? Que serait ce monde si, par ouverture d'esprit, on ne pouvait pas placer des charges explosives à l'entrée des églises coptes pour aider ces braves chrétiens à rejoindre plus vite leur paradis ? Heureusement que ce monde est tolérant, fanatiquement tolérant.

Heureusement, dans ce monde de tolérance qui est le nôtre et je remercie le ciel chaque jour pour qu'il ne change pas, tout est prétexte à la paix, à commencer par la guerre. D'ailleurs, l'amour aurait-il de bonnes raisons d'exister sans la haine ? Un baiser langoureux ne s'apprécie-t-il pas plus encore après une bonne demi-douzaine de paires de gifles ? Quoi de plus agréable, après une engueulade, qu'une réconciliation sur l'oreiller ?

Nous vivons, comme le disait si bien Luis Rego, dans une société parfaite, "où les riches doivent être contents d'être riches et les pauvres contents d'être pauvres, où tout le monde doit être uni contre tous les autres...".

Nicolas Lechner
Janvier 2011


Note : Merci à Marie-Martine pour m'avoir inspiré ce billet.

jeudi 21 août 2014

Un monde sans... Episode spécial #4

Un monde sans paix

Qu'est-ce que la paix si ce n'est une brève accalmie entre deux guerres ? L'Histoire de l'Humanité est faite de guerres... La paix n'est qu'un prétexte à la guerre et la guerre, un prétexte à la guerre... Dans une guerre, il n'y a que deux types de belligérants, ceux qui perdent la guerre et ceux qui la gagnent mais gagner la guerre ne signifie pas avoir la paix...

La paix des hommes ne commence qu'au repos de leurs âmes et lorsque les hommes morts gisent auprès de leur Dieu. Repos de l'âme des morts qui sert de prétexte aux vivants pour réduire autrui au silence éternel et ainsi va la guerre.

De guerres en guerres, le monde se dessine et parmi les desseins du monde figure la paix, une paix armée, bien sûr.


Nicolas Lechner
Aout 2014

lundi 3 février 2014

Vitesse - Pulsion de vie, passion de mort

Je n'ai jamais su m'expliquer ça mais aussi étonnant que ça puisse sembler, la vitesse en voiture ne m'a jamais fait peur. Je me revois enfant assis derrière mes parents alors que nous allions voir mes grand-parents, je regardais la route mais je ne regardais pas les paysages, j'imaginais des trajectoires et les vitesses auxquelles on pourrait passer les courbes... La route défilait, plus ou moins lentement, plus ou moins rapidement. Je crois que j'ai toujours eu une profonde fascination pour la vitesse.

Je suis aujourd'hui conducteur et c'est moi qui, aujourd'hui, vois défiler la route plus ou moins lentement, plus ou moins rapidement. Il m'arrive parfois de rouler normalement, sans forcer la cadence, de me promener. Mais, parfois, je ne saurais pas l'expliquer mais je sens ma gorge se nouer totalement, l'horizon n'existe plus, le temps n'existe plus, les distances n'existent plus. Je suis là, dans ma voiture et je vois les virages qui me font face. Je suis absolument seul, il n'y a que moi et ma voiture et la route.

Une ligne droite précède un virage qui précède une ligne droite qui précède un virage... Mais à ce moment-là, il n'existe plus pour moi que des temps pendant lesquels je vais soit accélérer jusqu'au moment où, d'instinct, mon pied droit va sauter sur la pédale de frein, mon pied gauche sur la pédale d'embrayage, ma main droite sur le levier de vitesse, soit freiner de toutes mes forces jusqu'à ce que je puisse prendre le virage que j'aborde. J'entends le moteur rugir. Je suis là, dans ma voiture et j'entends son moteur qui rugit. Je suis absolument seul, il n'y a que moi et ma voiture et son moteur.

Je suis toujours fasciné par cette musique et je crois que je ne me lasserai jamais de l'entendre. Cette musique, drôle de musique, agit bizarrement en moi. Plus j'accélère et plus ma gorge se noue. Je sens monter en moi une rage folle et cette folie furieuse se déchaine littéralement au moment où je rétrograde... Tous les sentiments que j'ai en moi se confondent alors. Mon cœur pleure de joie et cette furie furieuse qui me noue la gorge plus fort qu'un nœud coulant serre la gorge d'un pendu me rend follement heureux. Je suis là mais je n'existe plus.

Aussi étonnant que ça puisse sembler, je suis toujours aussi partagé entre deux désirs contradictoires lorsque je ressens cette sensation qui me pousse à conduire de plus en plus vite, celui de parvenir à passer le virage qui me fait face et rentrer chez moi et celui de ne pas y parvenir et ne pas rentrer chez moi. Ce jour là, j'espère partir seul. La vitesse est ma seule maitresse et c'est avec elle que j'espère finir mes jours sans emmener qui que ce soit avec moi.

Je n'ai jamais su m'expliquer ça mais aussi étonnant que ça puisse sembler, la mort ne m'a jamais fait peur.


Nicolas Lechner
Mars 2013

Note : Ce témoignage est fictif. Toute ressemblance avec une personne existante ou ayant existé serait purement fortuite.